Arette

Audrey Jasa, jeune stagiaire au journal Sud-Ouest, a écrit cet article sur la microscopique

Je le trouve sympathique.

Il y a évidemment toujours des éléments à relever : entre ce que j’ai pu mal exprimer lors de l’entretien, et ce que la journaliste a saisi, il existe toujours un petit décalage, par moments (je vis la même situation lorsque je réalise des films).

En tous cas, cela me donne l’occasion de préciser quelques petites choses au sujet du projet de la microscopique…

Arette sous l’œil d’une caméra

vallée d’aspe

Arette est en vallée de Barétous… La journaliste l’écrit plus loin, c’est sans doute une erreur au moment de la mise en page du journal.

Claire Ananos, réalisatrice, a filmé le village pendant deux semaines

dans un but scientifique. Le résultat est visible sur son site Internet

Euh… dans un but scientifique ? …Moi qui suis si peu scientifique, cela me fait tout bizarre… Mais je crois saisir d’où vient cette impression…

  • du nom de cette petite télévision de création documentaire ?  “la microscopique”… > microscope > science ?

Choisir de l’appeler La microscopique était davantage pour moi une boutade :

d’abord parce que l’adjectif microscopique existe, mais pas le nom ;

ensuite parce que je voulais insister sur le fait que “mon espace de jeu temporaire” ne pouvait pas être aussi large que celui du journal Sud-Ouest ou de la République, étant seule à mettre en oeuvre cette envie ;

et surtout parce que j’aime cette idée que d’un tout petit détail peut jaillir une multitude de sujets, d’impressions, de savoirs…

  • du projet des topographies humaines que je mène dans différents villages/villes en France ?

C’est vrai que le projet des topographies peut donner une impression de démarche scientifique. Il effleure des disciplines comme la sociologie, la psychologie environnementale… Mais je ne suis évidemment ni sociologue, ni psychologue environnemental…

Le cadre de réalisation que j’ai élaboré, pour les portraits topographiques, peut paraître rigoureux, mais c’est un peu une règle du jeu que je m’impose à moi-même, et qui m’intéresse parce qu’à l’intérieur de questions similaires, chaque être filmé échappe au cadre par sa singularité.

Les variations dans les réponses dessinent un rapport au territoire intéressant, et complexifie le dessin de l’espace commun. C’est moins la similitude de mes questions qui me plaît, que les différences dans les réponses. Et les réponses sont profondément personnelles et intuitives.

  • Mais la microscopique ne se résume pas aux portraits topographiques, même si en “durée de visionnage”, les portraits ont occupé une grande place dans les diffusions de la microscopique.

En fait, j’ai réalisé 32 films en 10 jours. Dont 7 portraits topographiques.

Prévu au départ pour un village des Landes, le projet « La Microscopique » est la déclinaison d’une discipline méconnue. 

J’imagine qu’il est compliqué de comprendre la subtilité, mais ce n’est pas la microscopique qui était prévue pour les Landes.

La microscopique, je l’ai imaginée spécifiquement pour Arette.

Ce sont les topographies humaines que j’avais élaborées initialement pour les Landes. Finalement j’ai profité de la microscopique pour mettre en oeuvre l’autre projet en même temps.

Or la semaine passée, son site avait déjà été visité par plus de 8 000 internautes.

Petite nuance (de taille) : 8000 visites. Je ne connais pas le nombre exact de visiteurs.

On en est aujourd’hui à 25 000 visites.

Sous le nom de « carte mentale d’un territoire », ces parcours illustrent un constat surprenant : nous empruntons toujours les mêmes chemins.

Dans les cartes dessinées par chaque personne filmée, on constate que chacun a ses chemins privilégiés. Chacun se construit sa propre carte du lieu qu’il habite.

Mais ce qui m’intéresse davantage c’est la variété des formes.

C’est pour cela que j’avais fait le petit film final qui ne reprenait que les dessins colorés de chacun.

« La mémoire est vivante »

Je suis bien contente qu’Audrey Jasa ait retenu cette idée-là lors de notre conversation. La nuance me paraît cruciale.

Je ne suis pas particulièrement attirée par l’archivage du passé dans une posture nostalgique, passéiste, conservatrice, immobile.

Chacun de nous est constitué de souvenirs,oui, mais ce qui est important, c’est que nous sommes là, aujourd’hui, dans le présent, avec notre passé et nos projections vers le futur.

Nous sommes vivants et nous occupons un espace ensemble. Avec notre mémoire, mais aussi nos discussions présentes et nos projets futurs.

« Mes vidéos peuvent durer une minute comme sept minutes. La liberté est dans le choix de ce que je veux diffuser. »

En fait, en télévision classique la durée d’un film est imposée au départ, quel que soit le sujet, il doit entrer dans des cases temporelles prédéfinies.

Sur internet, on est beaucoup plus libre. Un sujet dure le temps qu’il doit durer. C’est surtout cela qui me plaît.

Si je sentais qu’un des 32 films pouvait durer 19 secondes, ou bien 25 minutes, rien, ni personne, n’était là pour me dire d’allonger ou de raccourcir.

En fait, c’est la matière filmique qui donne la durée finale. Et je trouve cela plus logique, juste, appréciable, agréable,…

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A bientôt tout le monde

 

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